Noune

Née à Sarlat, en 1990, la peinture est mon moyen d’expression. Enfant introvertie, j’observe, écoute, plus que je ne m’exprime. Je dessine, je peins ce que je trouve beau. Pourtant, vers mes dix ans, une moquerie suffit à faire de cette passion mon pire ennemi.

J’ai besoin de me raccrocher à quelque chose. Je tourne toute mon attention vers l’écriture. Je me régale des sons, de la consonance des mots. Je répète en boucle les plus beaux. J’écris de courtes histoires. Vole des livres à l’école et les engrange dans une cachette secrète. Ce sont mes trésors. Je m’y réfugie. C’est décidé. Je veux être écrivain !

Adolescente, je dédie des journées entières à l’écriture. Je m’y perds, m’y enfonce. Jusqu’à m’en brouiller l’esprit, à m’en faire mal à la tête.
Je griffonne, déchire, jette, m’énerve, pleure.

Je m’oublie dans les études. Je veux me prouver que je peux y arriver. Être comme les autres. J’obtiens un diplôme dans le commerce et mon concours de Professeur des écoles.

Mais l’écriture me poursuit. Petite voix intérieure qui est là, me tiraille, me titille. Je veux écrire. Je veux L’écrire. J’arpente les rayons littéraires, j’avale les livres. Je cherche.

Mais rien ne sort. Rien ne vient. Juste le vide. Et un jour, j’achète une toile, de la peinture blanche et noire. Juste pour voir… Je frotte, tapote avec ce qui me tombe sous la main. Et le vide se comble. J’affronte mes peurs. Pleure souvent quand je peins. Mais me trouve heureuse et épanouie au seul contact d’une toile.

Aujourd’hui, je peins vite et souvent. Comme un besoin d’oxygène.

Des femmes, souvent. Des visages, des bribes de corps. Parce que mes toiles reflètent ce qui me constitue.

Extension de ce que je suis, j’y mêle le réalisme et l’abstrait. Je ne me limite à aucune technique ou médium. En peinture, je m’autorise à peindre avec tout ce qui me tombe sous la main, avec tout ce que mon corps me dicte (éponges, pinceaux, doigts, bouts de bois, etc.) (aquarelle, acrylique, fusain, etc.). 

Je sais alors qu’une toile est terminée, non pas quand je la trouve achevée, mais quand elle m’apaise. Quand je vois en elle une page du roman que j’ai en tête.

Et j’aime l’idée que lorsque vous posez vos yeux sur mes toiles, elles cessent de m’appartenir et deviennent vôtres. Alors, je suis un peu quelque part. Alors, j’existe.